Sur les traces de Pierre Terrasson
Alors que l’exposition de son ouvrage « Backstage » illustrant le Rock des années 80 a pris fin, Pierre Terrasson est à l’honneur à la Galerie SpArts. Au programme ? Deux années de sa vie dictées par l’innocence et l’ADN séduisant d’une Vanessa Paradis alliant son jeune âge aux prémices de sa métamorphose en divine idole. Immersion.

« Salut les filles, suivez- moi… ». Aubervilliers, avril 2013.
Après
une trentaine de minutes de trajet, les immeubles haussmanniens sont
troqués contre un paysage urbain, brut. Traversant les bâtisses
gigantesques, nous précédons le 1 mètre 80 de charisme dévorant au regard bleu océan et lointain. Pierre Terrasson. L’un des photographes français que l’on ne cite plus. Celui pour qui le Rock
des années 80 fut une religion, le chant des muses des hymnes cinglants
allant de Depeche Mode à The Cure sans oublier la poésie de Bashung.
Puis, après quelques minutes de marche, la porte s’ouvre et nous
réchauffe du vent printanier, vestige de l’hiver glacial. Bienvenue dans sa Factory.
Franche et indéniable, puissante. « C’est ici que j’ai shooté les plus
grands. Ils arrivaient en taxi dans la cité. Ça les faisait marrer les
gars quand ils voyaient débarquer les Run DMC, Higelin ou les Rita
Mitsouko ». Yeux ébahis, nous découvrons l’antre du pape de la
photographie destroy, celle qui prend aux tripes…
A
l’époque, les adeptes d’immortalisation sur papier baryté juxtaposent
les jobs : entre créateurs de scénographie et mitrailleurs de
spontanéité. La preuve en est. Dans son atelier aux allures de
capharnaüm arty, les bobines de tôle ondulée flirtent avec toiles et
objets en tous genres à l’instar d’animaux empaillés ou d’accessoires
atypiques à l’identité imperceptible. Le charme opère. Des scènes
d’antan se bousculent dans nos esprits tels des mirages anthologiques,
et, autour de nous les murs semblent avoir gardé les empreintes d’une
période révolue.
On se dirige tous les trois à l’étage. Clope au bec, nous servant un café, l’histoire
débute. Sa voix est rauque, son vécu impressionnant, imposant. « J’ai
commencé à prendre des photos dès l’âge de 16 ans car j’ai eu la chance
d’avoir un studio au sein de notre grande maison de Colombes. Je
mitraillais les potes […] un jour j’en ferai une expo ». Mais c’est à
l’aube de sa trentième année que tout bascule. Après avoir fait ses
armes aux Beaux Arts et vagabondé à Berne, en Suisse, où il s’adonne à l’Art pictural et aux méandres de la mosaïque, Aubervilliers devient son néo QG.
Les
années 80 retentissent et exemptent les lisses et sages Yéyés pour
laisser place au Rock. Au vrai. Avec de l’authenticité en intraveineuse
côtoyant les paradis artificiels, le tout au rythme la musique avec un grand M...
« Le Gramme », l’élégance au masculin
Ils sont deux & ne forment plus qu’une entité avec « Le Gramme ». Duo de charme et de choc, Adrien Messié & Erwan le Louër
comptent bien parer vos poignets d’une touche sobre et épurée,
terriblement racée et empreinte de pureté. Rencontre entre virilité
& poésie...
A peine le seuil franchi, leur complicité ravageuse séduit, les créations subjuguent et fatalement « Le Gramme » s’inscrit telle une évidence manquante à l’univers masculin. Adrien Messié & Erwan Le Louër. L’un a fait ses armes chez Andrée Putman, l’autre est le fondateur de la marque de joaillerie éthique JEM. De leur rencontre découle Le Gramme, maison d’accessoires pour Lui.
Premières créations enfantées de cette alliance portée par l’esprit du
raffinement, d’un souci du détail certain et d’une sensibilité aux
matériaux revendiquée, les bracelets en argent 925 & en or rouge 750
recyclés sont d’une finesse et précision extrêmes. Made in France. L’atout charme ? Un minimalisme maitrisé avec panache permettant à la gente féminine
d’accaparer ces rubans de la sphère masculine sans modération. Le
plus ? Seul ou accompagnés, ils se portent et s’emportent dans votre
quotidien avec légèreté. De 7 à 41, il ne vous reste plus qu’à choisir votre grammage. Nous, c’est déjà fait. Must-have.


« Chaque référence est désignée par son grammage ;
Chaque grammage donne naissance à un modèle »
Comment vous-êtes vous rencontrés ?
Adrien : Nous
nous sommes rencontrés à la soirée « Construction » au Palais de Tokyo
que j’organisais, bien que nous nous soyons déjà croisés un an
auparavant. J’avais ce projet en tête et lorsque j’ai soumis l’idée de
la création d’une marque d’accessoires pour homme à Erwan qui fut
immédiatement conquis. Une semaine plus tard nous commencions cette
nouvelle aventure.
Erwan : Nous avons tout circonscris en un seul et même projet !
Comment vous est venue l’idée de créer Le Gramme et de miser sur un esthétisme aussi minimaliste ?
Adrien :
Ça s’est fait naturellement. J’aimais cette notion de ruban argenté
plutôt simple. J’y ai vu une finalité qui pouvait plaire aux gens. Nous
sommes allés voir un orfèvre qui a confectionné des bracelets de
différentes tailles (S, M et L) et de différentes largeurs. Au moment de
choisir, l’artisan nous a demandé de régler une partie en fonction du
temps passé, et une partie en fonction du poids de l’argent, sachant
qu’il partait d’une tige de 25 centimètres qu’il coupait de part et
d’autres et qu’il gardait le reste d’argent non utilisé. Cette idée de
poids de bracelets est restée dans la conception du projet et nous avons
décidé de choisir l’appellation de chaque bracelet en référence à son
grammage. Puis, en extrapolant nous avons baptisé notre marque « Le
Gramme ».
Vous avez tous les deux des backgrounds
professionnels chargés et variés, Adrien notamment aux côtés d’Andrée
Putman et Erwan en tant que fondateur de la marque de bijoux JEM. Quel a
était l’apport de vos expériences pour « Le Gramme » ?
Erwan :
Ce qui est certain, c’est que nous sommes totalement complémentaires.
Etant donné que pour l’un comme pour l’autre « Le Gramme » n’est pas
notre premier projet, nous avons acquis une précision et savons
exactement ce que nous voulons. Nous sommes très intègres et on ne
laisse pas de place au compromis, aussi bien sur l’esthétisme que sur la
globalité. Entre l’expérience d’Adrien dans son parcours et moi avec
JEM, il faut avouer que nous avons une facilité d’un point de vue
logistique ainsi que sur la mise en place de nos créations. Nous avons
une réelle confiance mutuelle et au-delà d’être unis par notre
complémentarité, on s’est rejoins dans un soucis du détail commun.
Adrien :
Et sur l’univers de l’homme car il y a hélas bien trop peu d’offres !
Même si cette première collection est basée sur le bijou, « Le Gramme »
se veut être une marque d’accessoires avant tout. De prime abord les
bijoux nous ont réunis, notamment grâce à l‘expertise d’Erwan. En
discutant et en élaborant le projet, nous ne nous sommes fermé aucune
porte, bien au contraire. Nous irons dans d’autres univers dédiés à
l’homme, pouvant se faire accaparer par les femmes à partir du moment où
se sont des génériques ou des basics. Pour te donner un ordre d’idées
35% de notre production est vendu à une clientèle féminine...